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Quand on enferme des paysans

suggestion vidéo: The Meatrix

Le titre de cette chronique aurait dû être (jusqu'à ce matin) : de la grande lassitude d'être indépendantiste.

Mais la lecture d'un fait divers sur l'emprisonnement absurde d'un agriculteur-paysan, le fermier Yves Desrosiers, m'a fait me revirer dans mes shorts en moins de temps qu'il n'en a fallu à tout le conseil des ministres pour refuser de prendre en compte les recommandations de la Commission Pronovost sur l'Agriculture.

OK, je m'explique. Je voulais d'abord vous raconter ma grande, mon extrême, mon abyssale lassitude d'être indépendantiste et vous confier que plus rien n'arrivait à me passionner pour la cause ces temps-ci...

laitdantan.jpg

Tiens, Postes Canada qui «oublies » la fête de la St-Jean Baptiste dans son calendrier en début d'année...

Moi qui pourtant avait toujours la gâchette facile et bien huilée pour tirer des flèches à boulets rouges sur les fédéraux, voilà que tout à coup, cette nouvelle me laissait indifférent malgré qu'une partie de mon cerveau tentait vainement de me suggérer le contraire et de plutôt me pomper devant ce nouvel affront d'Ottawa envers la Nation Québécoise... ben non, rien à faire, je n'arrivais même pas à pondre le début de l'amorce du commencement d'une prémisse de l'entête d'un paragraphe sur la chose.

Puis, j'apprends que le bureau de Stephen Harper distribue lui aussi un calendrier sans St-Jean. Là, la partie indépendante de mon cerveau (mon mal de Bloc) s'indigne de plus belle. Ah-a! Ultime outrage, injure sacrilège, méprisable camouflet... (Bon, ça y est, Yves Michaud est dans ma tête!)

Malgré toute la bonne volonté de mon cortex séparatisss je n'arrivais toujours pas à m'indigner correctement. Pas un sacre, (c'est vous dire) même pas un joualvert de bâtard... pas même un ...rien.

Rien qu'une grande lassitude.

Je me suis dit, bon, y a plus grand-chose qui me remue le Québécois à soir. Et j'ai commencé à vous l'écrire. Puis, ce matin, le choc en lisant cet article:

«Un « criminel du lait » à Bordeaux»

extrait:

«Depuis 10 jours, le fermier Yves Desrosiers est enfermé à la prison de Bordeaux. Son crime ? Ne pas avoir suivi scrupuleusement les règlements de fabrication du lait, avoir été mis à l'amende et ne pas avoir payé ses amendes.

Avec son frère André, M. Desrosiers faisait un produit acclamé partout, le lait d'Antan. Quiconque a goûté la crème naturelle épaisse des Desrosiers ne peut que retourner en braillant aux crèmes 35 épaissies artificiellement qui ne goûtent rien. Leur lait biologique non homogénéisé était issu de vaches nourries au soya.»

Yves Boisvert fait le lien (je le fais aussi et vous invite à le faire à votre tour) entre cette histoire et la commission Pronovost sur l'agriculture qui déposait son rapport dernièrement.

«C'est, comme par hasard, le constat de la commission Pronovost sur l'avenir de l'agriculture : « Le secteur agricole et agroalimentaire est en train de se refermer sur lui-même. Les systèmes qu'il a mis en place créent des obstacles à l'émergence de nouveaux types d'agriculture, au développement de produits originaux et à l'exploration de nouvelles possibilités commerciales. »

Or, 24 heures plus tard, le Conseil des ministres du gouvernement Charest décidait de ne pas en tenir compte.

Comment? On commande une commission à grands coups de millions, on invite tous les intervenants de l'industrie à déposer des mémoires, ont fait des auditions et des consultations dans toutes les régions du Québec pendant des mois, et dès que le rapport sort, zou, on l'évacue? Mais c'est quoi cette farce?

Là, mon cerveau, en coordination parfaite avec mon cœur et mon âme, ne fait qu'un tour dans la grande roue de mon indignation pour en redescendre parfaitement pompé! Il y a de ces évènements qui me remuent le québécois plus sûrement que Meech, Charletown, la marche d'amour de '95, et l'Émeute du forum de '55 mis ensemble. J'exagère à peine.

Joualvert de criss!

Pendant qu'au Parlement, dans une sinistre comédie, on déchire sa chemise pour des stupides calendriers sans St-Jean Baptiste, on ne semble pas s'émouvoir de la tragédie qui se joue dans nos campagnes où les paysans perdent leur chemise à tenter de combattre un système injuste.

Or, ce sont ces gens-là qui bâtissent chaque jour le pays. Ils sont les véritables patriotes et on les punit pour ça.

L'indépendance est une démarche d'émancipation d'un système oppresseur. Toutes les luttes d'indépendances se sont faites contre un Empire, pour un peuple.

Cette histoire me prouve que je suis encore et plus que jamais indépendantiste.

Pour l'indépendance du Québec et d'abord de ces régions. Pour l'indépendance des paysans devant les lobbies corporatifs et la logique de marché qui impose ses diktats et un système qui empêche toute innovation, qui décourage les initiatives et qui voue à l'échec toute voie alternative au grand modèle unique productiviste de l'UPA.

Donnez-moi vite un balcon que je crie: Vive la souveraineté alimentaire...vive les paysans liiiiibres!

***
pour ceux et celles que la question agricole intéresse davantage:

Au Québec

Union Paysanne

Solidarité rurale

En France

Confédération paysanne

et le mouvement international paysan

Via Campésina


Publié par Christian Vanasse  le lundi 18 février 2008 à 9H06







Vos commentaires

Cet article a reçu 22 commentaires:

Brad à dit le 18 février 2008

J'ai lu la nouvelle et j'ai aussi été révolté. Quand on comprend que l'agriculture est au main d'une mafia, ça fait peur. Sans parler des fonctionnaires du MAPAQ qui ne comprenne pas la portée de leurs règlements.
En passant, on peut m'expliquer pourquoi le lait cause autant d'intolérance? Me semble que ça n'arrive pas au Vermont ou en Europe. Et le lait d'antan que j'ai goûté était le meilleur que j'ai jamais bu.

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Guy à dit le 18 février 2008

Très bon texte Christian.


Les gouvernements, peu importe lequel, commandent des études et en très grande majorité, ne les prennent pas en compte.Rien de nouveau la dessus.


Ces mêmes gouvernements, on un agenda caché.Cet agenda c'est celui de se faire réélire et surtout ne pas déplaire aux regroupements tel L'UPA, ou encore les multinantionales, car ce sont elles qui décident.


Les petits producteurs agricole, ont bien peu de poids dans la balance.
C'est triste mais c'est comme ça.


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Cash à dit le 18 février 2008

Vive l'UPA ou la mafia agricole, comme vous voulez.
Un autre cartel que devrait dénoncer la fée de la pensée unique...J'attends impatiemment.

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Christian de Mtl à dit le 18 février 2008

C'est le même problème dans le domaine de l'acéricole: les petits producteurs de sirop d'érable peuvent difficilement innover avec le système de quotas actuel.

Christian

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Guy à dit le 18 février 2008

Christian, il y a un quota à produire dans le sirop d'érable ?


Et on appelle ça la libre entreprise, le libre marché.


Heureusement qu'il n'y a pas de quots dans le chocolat ! :o)

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Cash à dit le 18 février 2008

Le lait supposément BIO quebecois contient plus de produits pharmaceutiques que le lait D'antan.
Follie quand tu nous tiens.

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Guy à dit le 18 février 2008

C'est un peu comme "Le poulet aux hormones" cash. Parlez en aux producteurs ils vont avoir un grand sourire.


Comme histoire à dormir debout, c'est dur à battre.

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Christian de Mtl à dit le 18 février 2008

@Guy:

Tu n'as pas vu le reportage sur les entrepôts de sirop? Il y a des barils qui sont là depuis tellement longtemps que le sirop se transforme en sucre... D'après mes souvenirs de reportage, les petits producteurs ne peuvent pas passer par les commerçants locaux pour la distribution de leur produit, par exemple, le IGA ou le marché Métro local. Ils ne peuvent vendre qu'à la ferme ou à l'érablière. Pour la distribution, ils doivent, je pense, passer par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec affiliée à... l'UPA!


Reportage Radio-Canada


Christian

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Cash à dit le 18 février 2008

J'achète tous les ans mes deux gallons de sirop, d'un ami producteur. Que du frais, que du vrai.
J'ai remarqué au marché Metro hier que la tire d'érable est arrivée sur les tablette. WOW mais de quelle année.
Probablement comme le dit Christian de Mtl. Du sirop viré en sucre depuis 10 ans dans un baril, qu'ils ont fait fondre et modifier.
Jamais je ne touche à ça.

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Guy à dit le 18 février 2008

Oui oui oui Christian, je crois que c'est l'an passé.
On y voyait des barils qui coulaient même.


Dans ma région au niveau du bleuet, les propriétaires de bleuetières privées et qui ne sont pas membre de L'association des producteurs de bleuets du saguenay Lac St-Jean, (c'est long comme nom) ne peuvent écouler leurs bleuets où ils veulent.


Les épiceries fonctionnent seulement avec l'association.


Par contre dans les marchés public ils peuvent vendre leurs bleuet.


Certains ont des petits kiosques, et vendent directement au gens.Comme la saison est courte, ils ne peuvent compter la dessus pour faire un revenu raisonnable.


Cash, moi ce que j'aime le plus des produits de l'érable, ce sont les petits cornets au beurre d'érable, avec un bon verre de lait très froid.........Hummmm :o)

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Christian de Mtl à dit le 18 février 2008

Mon sirop, je l'achetait dans la région de Verchères, sur la Rive Sud de Montréal. Mais le petit producteur écoulait une partie de son stock aux États-Unis sans passer par la Fédération et son ex-conjointe dans un élan de vengeance l'a dénoncé... Il a fait faillite... :o(


Je l'achète maintenant à St-Esprit dans Lanaudière.


Christian

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KrititK à dit le 18 février 2008

Oui monsieur icitte au Kébec nos favorisons la médiocrité de notre société en faisant tout ce qui est possible pour mettre des battons dans les roues de gens honnêtes et imaginatifs. Au lieu d'enfermer ce gars m'essemble que ça aurait été plus facile de l'aider à établir des procédures pour sa production et un programme d'échantillonnage pour chaque lot de lait qu'il met sur le marché et puis le subventionner indirectement et faisant gratuitement des analyses microbiologiques de son lait d'Antan pour vérifier qu'il ne menace pas la santé publique...parce que la joke là-dedans c'est qu'un gars en prison coûte plus chère qu'un technicien en microbiologie qui pourrait analyser son lait et vérifier qu'il ne contient pas de bactéries pathogènes. Anyway voilà un autre bel exemple de destruction indirecte de la paysannerie par les AgroKorps via notre bon gouvernement.

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transgénik à dit le 19 février 2008

Christian tu aurais fait un bon agriculteur. Toujours à chialer, trop de pluie, trop de neige, trop de soleil, trop de vent, pas assez de subvention, etc.. Les plus grands chialeux de la terre sont ceux de la terre. Dans l'histoire du Québec, c'est la race de monde qui a toujours été la plus représentée au parlement. Ils ont toujours obtenuent les lois qui les avantageaient et les protégeaient. Les agriculteurs ont le syndicat qu'ils méritent. Une mafia dans le plus pur sens du terme avec ses règles internes et son omerta, dont le client n'est pas le québécois mais la multinationale qui vend partout sur la planète. Quand ils se seront bien fait plumer par les multinationales, du chimique, de la graine ou du commerce ils finiront peut-être par comprendre que leur premier client et allié est le québécois, ils feront alors des produits pour nous. L'ancien président de l'UPA produisait ses porcs comme on produit des chars pour êtres vendus partout sur la planète mais pas beaucoup ici. Il aura été la plus grande tragédie de l'agriculture québécoise depuis 100 ans. Pis c'est pas John Jean l'aplaventriste Charrest qui va changer ca.

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Bertrand Sigmen à dit le 19 février 2008


Une chanche qu'ils n'ont pas encore pensé à ce qui suit soit :
à pafrtir de tout de suite, il va falloir avoir un permis écrit pour aller PISSER dans une toilette.
La raison: cela s'en va dans les égouts et il faut les filtrer = alors aller faire ça dans votre cour arrière, pas sur le gazon en avant votre maison. CE TU ASSÉ KLAIR

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Amen! à dit le 19 février 2008

Pas la même UPA qui a fait dire à un certain premier sinistre pékisse que les Québécois n`étaient pas assez intelligents pour faire la différence entre le beurre et la margarine, s`ils sont de la même couleur?
Il a fait quoi, l`archéologue? Il a OBÉI.....
Pis c`était pas Charest....

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christianvanasse à dit le 20 février 2008

@transgénik,
ah ça, oui, j'aurais fait un bon agriculteur :)
Je viens d'une famille agricole et suis encore en région agricole et le chialâge, si ça pouvait se récolter et se vendre en boîte, on serait riche!
À cotoyer plusieurs agriculteurs de divers secteurs, je peux te rassurer sur ton questionnement :«Quand ils se seront bien fait plumer par les multinationales, du chimique, de la graine ou du commerce ils finiront peut-être par comprendre que leur premier client et allié est le québécois, ils feront alors des produits pour nous»
C'est déjà fait. Ils se font plumer et ils le réalisent depuis un bon moment. Ils sont plusieurs a aujourd'hui dire que ce qu'il faut nourrir c'est d'abord les citoyens et pas les marchés internationaux.
Ce qui fait que je ne peux être d'accord avec ton assertion: que les agriculteurs ont les syndicats qu'ils méritent. Personne ne mérite ça.
Malheureusement, comme certains autres l'ont aussi fait remarquer, les forces du statu-quo sont très, très puissantes et n'ont aucun intérêt à voir les choses changer.
Selon moi, le changement viendra, non pas des politiciens ou du syndicat actuel (UPA) mais viendra des pressions des consommateurs qui eux, aussi, un moment donné, devront se poser la question: pourquoi cé faire que je trouve juste des pommes du Chili pis des concombres chinois chez Loblaws? C'est-tu normal du cochon qui coûte 25 cennes la livre?
Pourquoi le concept de fermier de famille (comme pour les médecins de famille) est-il quasiment inconnu de la population?
et ainsi de suite...
Les fermiers et paysans québécois ne demandent pas mieux que de nous nourrir. Encore faut-il qu'à l'autre bout de la chaîne, le client ne choisisse pas toujours la pomme du Chili parce qu'est en spécial...

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Genevieve à dit le 20 février 2008

Je me permet de copier ici une lettre envoyée à La Presse qu'ils n'ont évidemment pas publiée. (les lettre d'opinions sont publiées seulement si elles ne contredisent pas l'opinion du journal. Après on se demandera pourquoi les blogues deviennent de plus en plus populaires!)

Après la lecture de la chronique de ce matin (lundi 18 février) de M. Yves Boisvert, je ne peux qu'être déçue et de plus en plus préoccupée par la qualité des analyses que l'on présente aujourd'hui dans les journaux. Diplômée en communication, aujourd'hui candidate à la maîtrise en science politique, j'ai longtemps pris la défense des journalistes lors de débats avec mes amies. Malheureusement ce matin, lorsque je vois un columniste d'expérience comme Yves Boisvert utiliser l'histoire d'un fermier emprisonné pour des amendes de salubrité non payées pour justifier le discours néolibéral voulant abolir le système de gestion de l'offre, je ne peux plus défendre cette profession qui pourtant peut être admirable si elle est bien faite. Dans les raisons des amendes imposées au fermier en question, M. Boisvert, nomme, sans le contredire, la présence d'excréments de rongeurs dans le lait. Malgré cela, malgré aussi la présence de bactéries au dessus de la quantité acceptable, malgré que toutes ces infractions aient été soulevées par le MAPAQ, M. Boisvert relie cette histoire au système de quotas et affirme que ce dernier est désuet. Ma première réaction : me demander quel est le lien entre les deux. Ma seconde réaction : comment notre société a souvent deux poids deux mesures.

Si c'était dans l'eau qu'on avait trouvé des bactéries, on aurait fait un scandale et on n'aurait en aucun cas laisser filer le responsable, et surtout, jamais on ne l'aurait pris en pitié (souvenez vous seulement le cas des piscine de l'été dernier) pire, lorsqu'on a trouvé un rapport interne démontrant que des sédiments avaient été trouvés dans du lait à la ferme, avant sa pasteurisation, sédiments qui étaient en fait des brins d'herbes et du gras en suspension, on a fait un immense battage médiatique, accusant les producteurs de lait de tous les maux, allant même jusqu'à parler d'excréments alors que le rapport n'en avait jamais trouvé. Pourquoi cette fois, le producteur qui a à la fois laissé passer trop de bactéries et qui pire, a été mis à l'amende pour des excréments dans son lait (des vrais cette fois) ferait, lui, pitié, aurait été une victime du système de quotas de lait?

Comme s'il voulait s'assurer que le lecteur moyen ne réalise pas que ce lien est plus que boiteux, M. Boisvert n'explique nullement ce qu'est le système de quota auquel il s'attaque. Afin de permettre un exercice journalistique plus complet et éthique, voici, pour le bénéfice de vos lecteurs quelques unes des raisons d'être du système de la gestion de l'offre. Grâce à ce système, les producteurs obtiennent un prix pour le lait qui est règlementé et relativement stable. Un peu comme le café équitable si vous voulez. L'une des raisons de cette réglementation est d'éviter aux transformateurs, en beaucoup moins grand nombre que les producteurs, de marchander le lait sous menace d'aller s'approvisionner ailleurs, forçant ainsi les producteurs à vendre leur lait en dessous de ce qu'il coute à produire, ou encore à se réunir en méga production comme c'est le cas aux États-Unis. Le porc est un exemple d'une agriculture sans gestion de l'offre. Depuis les dernières années, les producteurs de porcs peinent de plus en plus à lutter pour survivre, pourtant, lorsqu'on parle d'abolir le système dans lequel sont les producteurs de lait actuellement c'est exactement ce vers quoi on veut amener les producteurs qui déjà, malgré ces règles, ont un revenu familial bien inférieur au revenu québécois moyen. Les petits producteurs artisanaux n'auront pas plus de chance de survivre sans les contrôles actuels, bien au contraire, parce que dans les marchés libérés et non règlementés, seuls les gros survivent. Actuellement le maillon de la chaîne qui fait le plus d'argent, est, comme pour la plupart des productions, l'intermédiaire et le maillon qui en fait le moins, est le producteur. En dérèglementant le secteur laitier, les transformateurs et autres intermédiaires auront un pouvoir encore plus grand pour se prendre une marge de profit encore plus élevée et les plus petits producteurs, risquent de même pas pouvoir continuer à rentabiliser leur production suffisamment pour vivre et devront fermer, laissant libre cours à la suite de la libéralisation des marchés, soit à la possibilité pour les transformateurs de se procurer du lait des États-Unis ou d'ailleurs, beaucoup moins cher puisque hautement subventionné. Les M. Desrosiers de ce monde, n'auront pas plus la chance de faire du lait artisanal, et il serait également bien surprenant que le MAPAQ lève pour autant sa réglementation et permette la production de lait avec un surplus de bactéries ou des excréments de rongeurs.

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Nathalie à dit le 20 février 2008

Pourquoi si les agriculteurs ne sont pas "contents" on sont insatifaits des conditions, etc... Pourquoi ils changent pas de métier? Pourquoi dépendre des autres pour améliorer son sort?
Rien les obligent à être agriculteurs il me semble? Au fait, peut-on appeler cela un métier?? Une profession? Un choix de vie mais dont ils ne sont pas satisfaits?

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Amen! à dit le 20 février 2008

Geneviève, merci d`avoir démomtré d`une aussi belle façon pourquoi nous les nommons si souvent des journaleux.

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Christian Vanasse à dit le 21 février 2008

@geneviève
excellent commentaire Geneviève. Je suis d'accord avec vous sur plusieurs points concernant la paresse journalistique ( paresse qu'on pourrait aussi reprocher aux lecteurs) mais dans ce cas, permettez moi d'ajouter quelques détails à la réflexion. Les opposants à l'agrobusiness en veulent au système actuel mais pour des raisons différentes. Les partisans de l'Union Paysanne et de Solidarité Rurale par exemple, veulent modifier le rapport de force existant sans pour autant jeter l'UPA comme syndicat agricole par dessus bord. Par contre, il faut partager son pouvoir et revoir la façon dont il est appliqué. Actuellement le système qui, autrefois, devait protéger l'agriculture traditionnelle et assurer le développement des régions est devenu un instrument au service des multinationales de l'alimentation et des intégrateurs qui en fait, obligent tout le monde à entrer dans un moule unique, à produire de la même façon et viser ainsi un marché de masse tourné vers les exportations.Or, si ce modèle apporte de nombreux avantages aux gros (lire Ultra gros) producteurs, il maintient les petits producteurs dans la marginalité.

À mon sens, la diversité est absolument nécessaire en agriculture et ce, dans tous les secteurs. La nature ne saurait être unique.

Revenons à l'exemple des producteurs laitiers qui font aussi leur fromage et autres produits, comme dans les cas des Desrosiers et de plusieurs autres. Ils font leur propre lait, trait de leur propres vaches et doivent le vendre à la Fédé mais ensuite se le racheter (au prix du marché) si ils veulent faire leur fromage avec leur lait, tiré de leur vache. Ils vendent et rachètent quelque chose qui leur appartient et qui ne bouge pas de chez eux... avouons qu'on nage ici dans le surnaturel.
Ce faisant, le petit producteur de lait bio qui veut faire du fromage bio doit vendre ce fromage plus cher que les autres puisqu'il achète son propre lait au prix du marché. Il ne peut donc plus concurrencer les fromages extérieurs (qui en plus bénéficient de subventions, eux) et son volume ne lui permet pas d'être présent dans les grandes surfaces... donc... il en est réduit à vendre son produit très cher en seulement quelques endroits.

Le système actuel, pousse les producteurs à faire la même chose, selon les mêmes normes et dans la même quantité. C'est croît ou meurs.

Ensuite, la salubrité et les inspections. Vous soulevez le point du niveau de bactéries plus élevé que les normes acceptables remarqué à deux reprises dans le Lait D'Antan. D'abord, n'oublions pas que le niveau acceptable de bactéries diffère énormément d'un pays comme le Canada qui pasteurise et aseptise TOUT et de pays européens par exemple où la culture du lait cru est beaucoup valorisé. Combien de bactéries dans un Reblochon au lait cru? Ou un fromage de Comté fait à la ferme?
Beaucoup plus que les normes acceptables Canadiennes. Au Canada, on aime bien le cheddar jaune et mou sans trop de saveur, tout le reste est suspect.
Donc, les normes sur les bactéries, il faut relativiser.

Ensuite, les excréments de rongeurs trouvés dans le lait, (deux fois sur plusieurs années et sur des millions de litres de lait.) J'oserais vous dire que pour trouver des crottes sur une ferme, ça ne prend pas la tête à Papineau ni un inspecteur férocement assidu. C'est assez facile en fait. Je dirais même que si on veut trouver quelque chose... on va le trouver. Peu importe ce que l'on cherche.
Ferme ou cuisine de restaurant, je vous mets au défi de trouver quelque endroit complètement nickel-propre. À part bien sûr les labos de Monsento. :)

Je ne dis pas pour autant que c'est correct de trouver des excréments de rats dans du lait... mais si on en trouve et que le situation est corrigée... on devrait logiquement passer l'éponge. Le lait ne s'est jamais retrouvé sur les tablettes, personne n'est mort ni même n'a été incommodé dans cette histoire.

Au final, je trouve la peine exagérée et pour connaître des dizaines de situations similaires aux Desrosiers, je vous dirais que non, il ne me semble pas qu'ils jouent à la victime dans cette affaire. Ce sont des victimes, point. On ne met pas les gens en faillite et en prison pour si peu alors que le produit que l'on fait n'a jamais été retiré des tablettes, ni rappelé, ni l'objet de plaintes de consommateurs. Au contraire.

Bien sûr que dans ce débat, comme vous le soulignez avec justesse, certains en profitent pour prêcher pour leur chapelle, genre L'IEDM et les néo-libéraux de tous poils qui veulent jeter le bébé avec l'eau du bain et saisir l'occasion du rapport Pronovost pour jeter à la poubelle, pêle-mêle, l'UPA, les quotas, le système de gestion de l'offre et mettre l'ensemble de nos ressources naturelles à la merci des marchés.

Entre statu-quo et maintien du système actuel sans aucune possibilité de réforme et libéralisation totale du marché pour faire place au capitalisme sauvage... il y a sûrement un entre-deux favorable à une agriculture plus respectueuse de l'environnement, plus axée sur la santé, sur la tracabilité et l'innocuité des aliments et surtout, plus souple et ouverte aux productions bios, diversifiées, de terroirs ou alternatives qui favoriserait la relève agricole, le développement des régions et l'occupation du territoire.

Qu'en pensez-vous?

@nathalie
Vous pensez sérieusement qu'agriculteur ce n'est ni un métier ni une profession pis si y sont pas content ben qu'y changent de job?

C'est vrai au fond, que tous les agriculteurs du Québec arrêtent donc de faire des légumes. On mangeras chinois pis c'est tout.

Damn... je ne sais vraiment pas quoi vous répondre. euh... bonne chance dans la vie?

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Nathalie à dit le 21 février 2008

@Chrisitan.. que puis-je vous dire?? Les gens ne veulent pas améliorer leur sort.. alors pourquoi les écouter chailler que c'est à cause de la société quand eux seule sont maîtres de leur vie.
Croyez vous vraiment que cela serait la fin des légumes? Ben peut-être que c'est à ce moment là que les agriculteurs pourrait continuer à leurs conditions.. S'agit d'avoir le bon boute du bâton ce qu'ils ont définitivement pas... pourtant s'il ferme tous boutique.. fini les légumes.. ils ont le bon boutte mais le vois pas où en profite pas.
Je sais que c'est pas facile d'être agriculteur mais les "actions" pour ne pas se laisser faire ne se prennent pas.
"On sous-estime la valeur du sel jusqu'au jour où celle-ci vient à manquer" Avez-vous déjà entendu cela?

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christianvanasse à dit le 21 février 2008

@nathalie
je suis au regret d'être une fois de plus en désaccord avec vous. À l'effet que «les actions pour ne pas se laisser faire ne se prennent pas»

Veuillez lire le rapport Pronovost je vous en prie.

Avant la Commission sur l'Agriculture (dont est issu le rapport) les fermiers ont formé des associations, manifesté, distribué gratuitement leurs produits pour protester et fait une multitude d'actions diverses allant des pétitions aux défilés de tracteurs sur la colline parlementaire en passant par l'abattage en direct d'une vache.

Pendant toute une année et davantage, tout le milieu agricole a débattu, manifesté, déposé des mémoires, discuté et ostiné pour accoucher de ce rapport qui proposait de nombreuses solutions concrètes applicables dès maintenant afin de corriger la situation.

Le rapport Pronovost fût déposé.

Le conseil des Ministre de John James Charest a décidé en 24 heures seulement de ne pas en tenir compte.

À part prendre les armes, qu'est-ce que vous voulez que les agriculteurs fassent de plus?

Qu'ils SE tirent une balle?

Plusieurs le font déjà.

Vous proposez quoi?

***

Quand à votre phrase sur la valeur du sel, non, je ne l'avais jamais entendue. Très jolie.

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